Fondée par les Romains en 43 avant J.-C. sous le nom de Lugdunum, Lyon est une ville où chaque rue raconte vingt siècles d'histoire. Capitale des Gaules, centre de la soierie européenne, berceau du cinéma avec les frères Lumière, et consacrée capitale mondiale de la gastronomie : Lyon cumule les titres avec une discrétion toute caractéristique. Moins ostentatoire que Paris, plus intime que Marseille, la ville des deux collines et des deux fleuves séduit par son patrimoine exceptionnel, sa scène culinaire inégalée et une douceur de vivre qui se ressent dès les premières heures. Voici notre guide complet pour découvrir Lyon dans toute sa richesse.
Le Vieux Lyon et ses traboules
Le Vieux Lyon constitue l'un des plus vastes ensembles Renaissance d'Europe, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1998. Étendu au pied de la colline de Fourvière, il se divise en trois quartiers : Saint-Jean, Saint-Paul et Saint-Georges.
Un dédale Renaissance
Les rues pavées du quartier Saint-Jean sont bordées d'hôtels particuliers des XVe et XVIe siècles, construits par les riches marchands italiens et les banquiers qui avaient fait de Lyon la place financière de l'Europe. Levez les yeux pour admirer les tours d'escalier à vis, les galeries à arcades et les fenêtres à meneaux qui ornent les cours intérieures. La cathédrale Saint-Jean-Baptiste, chef-d'oeuvre gothique dont la construction s'étala sur trois siècles (XIIe-XVe), abrite une horloge astronomique du XIVe siècle qui s'anime chaque jour à 12h, 14h, 15h et 16h.
Les traboules
La grande originalité du Vieux Lyon réside dans ses traboules — du latin trans ambulare, "passer à travers". Ces passages traversants permettent de passer d'une rue à l'autre en empruntant les cours intérieures des immeubles. Il en subsiste environ 300 dans tout Lyon, dont une quarantaine dans le Vieux Lyon. Les plus célèbres se trouvent entre la rue Saint-Jean et la rue du Boeuf : poussez les lourdes portes en bois (souvent ouvertes en journée) pour découvrir des cours Renaissance d'une beauté insoupçonnée. La traboule de la Tour Rose (16, rue du Boeuf) est sans doute la plus spectaculaire, avec sa tour d'escalier en spirale baignée d'une lumière rosée. Le musée Gadagne (entrée 8 euros), installé dans le plus grand ensemble Renaissance du quartier, abrite à la fois le musée d'histoire de Lyon et le musée des marionnettes du monde, hommage au célèbre Guignol, né à Lyon en 1808.
Conseil pratique
Pour profiter pleinement des traboules, procurez-vous le plan gratuit à l'office de tourisme de la place Bellecour, ou suivez une visite guidée (environ 12 euros par personne, durée 2 heures) qui vous ouvrira des portes habituellement fermées au public.
Fourvière, la colline qui prie
Dominant le Vieux Lyon de ses 300 mètres, la colline de Fourvière est le berceau historique de la ville et un lieu de spiritualité depuis l'époque romaine.
La basilique Notre-Dame de Fourvière
Érigée entre 1872 et 1884, la basilique de Fourvière est un édifice exubérant mêlant styles néo-byzantin et néo-gothique. L'extérieur, avec ses quatre tours octogonales et sa statue dorée de la Vierge, est devenu l'emblème de Lyon. L'intérieur est un festival de mosaïques dorées, de marbres polychromes et de vitraux narratifs qui racontent l'histoire de la chrétienté en France. L'accès est gratuit. Pour 5 euros, montez sur le toit de la basilique lors d'une visite guidée : le panorama sur Lyon, la confluence du Rhône et de la Saône, et par temps clair les Alpes et le Mont-Blanc, est absolument saisissant.
Le patrimoine romain
Juste derrière la basilique, le théâtre romain de Lugdunum (le plus ancien de France, construit en 15 avant J.-C.) et l'odéon adjacent sont remarquablement conservés. En été, le festival des Nuits de Fourvière (juin-juillet) y programme concerts, théâtre et danse dans un cadre magique. Le musée Lugdunum (musée gallo-romain), bâtiment semi-enterré intégré dans la colline, présente une collection exceptionnelle d'inscriptions, mosaïques et objets quotidiens de la vie romaine (entrée 7 euros, gratuit le premier dimanche du mois).
Le funiculaire
Le moyen le plus pratique et le plus pittoresque pour monter à Fourvière est le funiculaire (surnommé la "ficelle" par les Lyonnais), qui part de la station Vieux Lyon (métro D). Le trajet dure 2 minutes et est inclus dans le ticket de transport en commun (1,90 euro le trajet). Une seconde ligne de funiculaire dessert Saint-Just, à mi-pente.
La Presqu'île
Coincée entre le Rhône et la Saône, la Presqu'île est le coeur vivant de Lyon, concentrant commerces, culture, vie nocturne et patrimoine architectural.
Place Bellecour
La place Bellecour, l'une des plus grandes places d'Europe (310 mètres sur 200), est le point de repère central de Lyon. Dominée par la statue équestre de Louis XIV, elle accueille l'office de tourisme principal et la grande roue en période de fêtes. C'est le point de départ idéal pour explorer la ville.
Place des Terreaux et l'Opéra
Au nord de la Presqu'île, la place des Terreaux est encadrée par l'Hôtel de Ville et le musée des Beaux-Arts (l'un des plus riches de France après le Louvre, entrée 8 euros). La fontaine Bartholdi, oeuvre du sculpteur de la Statue de la Liberté, trône en son centre. Juste derrière, l'Opéra de Lyon, dont le bâtiment classique a été coiffé d'une spectaculaire verrière contemporaine par Jean Nouvel, propose une programmation de haut niveau (billets à partir de 15 euros). La rue de la République, artère commerçante piétonne reliant les deux places, est le coeur du shopping lyonnais.
Les bouchons lyonnais
Le bouchon est bien plus qu'un restaurant : c'est une institution lyonnaise, gardienne d'une tradition culinaire transmise depuis des générations de "mères lyonnaises", ces cuisinières qui ont forgé la réputation gastronomique de la ville.
Les plats incontournables
Le tablier de sapeur — tripes de boeuf panées et frites, servies avec une sauce gribiche — est le plat signature le plus audacieux. La quenelle de brochet, moelleuse et gratinée dans une sauce Nantua à l'écrevisse, est sans doute le plat le plus emblématique de Lyon. La cervelle de canut (fromage blanc battu aux herbes et à l'échalote, qui doit son nom aux ouvriers tisserands de la Croix-Rousse) accompagne parfaitement les charcuteries. La salade lyonnaise (frisée, lardons, croûtons et oeuf poché) constitue une entrée généreuse. Pour le dessert, la tarte aux pralines roses est une merveille de couleur et de gourmandise.
Distinguer l'authentique du touristique
Un vrai bouchon se reconnaît à plusieurs signes : nappes à carreaux rouges et blancs, menu écrit sur ardoise, salle de taille modeste (rarement plus de 30 couverts), ambiance conviviale et bruyante. Le label "Authentique Bouchon Lyonnais", décerné par l'association Les Bouchons Lyonnais, garantit le respect de la tradition. Parmi les adresses les plus réputées, citons le Café Comptoir Abel (rue Guynemer, le plus ancien bouchon de Lyon, fondé en 1928), Chez Mounier (rue des Marronniers, excellent rapport qualité-prix autour de 22-28 euros le menu) et Daniel et Denise (rue de Créqui, tenu par un Meilleur Ouvrier de France, menu autour de 35 euros). Évitez les établissements de la rue Mercière qui, malgré leur emplacement central, ciblent davantage les touristes.
Les Halles Paul Bocuse
Les Halles de Lyon Paul Bocuse, rebaptisées en hommage au chef lyonnais disparu en 2018, sont le temple de la gastronomie lyonnaise. Ce marché couvert situé dans le 3e arrondissement (102, cours Lafayette) rassemble une soixantaine de commerçants et artisans d'exception.
Une visite sensorielle
Déambuler entre les étals des Halles est un festin pour les sens. Les fromagers proposent des Saint-Marcellin coulants, des rigotte de Condrieu et des bleus de Bresse. Les charcutiers présentent rosette de Lyon, jésus et saucisson brioché. Les poissonniers exposent quenelles fraîches et écrevisses. Les pâtissiers tentent avec leurs pralines roses, bugnes et coussins de Lyon (confiserie en pâte d'amande fourrée de chocolat au curaçao). Plusieurs stands proposent la dégustation sur place : huîtres accompagnées d'un verre de blanc, plateau de fromages, assiette de charcuterie. Comptez 15 à 30 euros pour un repas debout au comptoir. Les Halles sont ouvertes du mardi au samedi de 7h à 19h et le dimanche de 7h à 13h. Le samedi matin est le moment le plus animé, mais aussi le plus bondé.
L'héritage Bocuse
Paul Bocuse (1926-2018) a fait de Lyon la capitale mondiale de la gastronomie. Son restaurant étoilé de Collonges-au-Mont-d'Or, aux portes de Lyon, a maintenu trois étoiles Michelin pendant 55 années consécutives, un record absolu. Ses brasseries lyonnaises (Le Nord, Le Sud, L'Est, L'Ouest) proposent une cuisine de qualité à des prix accessibles (plats de 16 à 28 euros) et constituent une excellente introduction à la cuisine lyonnaise.
La Croix-Rousse et le street art
Surnommée "la colline qui travaille" (par opposition à Fourvière, "la colline qui prie"), la Croix-Rousse était le quartier des canuts, les ouvriers tisserands de soie qui firent la prospérité de Lyon aux XVIIIe et XIXe siècles.
Les pentes et le plateau
Les pentes de la Croix-Rousse, entre la place des Terreaux et le boulevard de la Croix-Rousse, sont aujourd'hui le quartier le plus bohème de Lyon. Les anciens ateliers de tissage, reconnaissables à leurs immenses fenêtres (nécessaires pour faire entrer la lumière sur les métiers à tisser), ont été reconvertis en lofts, galeries d'art et ateliers de créateurs. Les traboules y sont encore plus longues que dans le Vieux Lyon : la plus spectaculaire, la Cour des Voraces (escalier monumental construit par les canuts), servit de passage secret lors des révoltes des canuts en 1831 et 1834.
Fresques murales et street art
Lyon est la capitale française du trompe-l'oeil mural. La fresque des Lyonnais (angle quai Saint-Vincent et rue de la Martinière) est un mur peint de 800 m2 représentant 30 personnages célèbres de l'histoire lyonnaise, de l'empereur Claude aux frères Lumière en passant par Antoine de Saint-Exupéry. À la Croix-Rousse, la fresque des Canuts (boulevard des Canuts) est la plus grande fresque d'Europe (1 200 m2), représentant le quartier en trompe-l'oeil avec une précision saisissante. Le quartier abrite aussi une scène de street art vivante, notamment autour de la montée de la Grande Côte.
Vie de quartier
Le marché de la Croix-Rousse (boulevard de la Croix-Rousse, tous les matins sauf lundi) est l'un des plus beaux marchés de Lyon, avec ses producteurs locaux, ses fromagers et ses maraîchers bio. Les terrasses des cafés du boulevard, face au panorama sur les toits de Lyon et les Alpes, sont l'endroit idéal pour une pause.
Au-delà de Lyon
Le Beaujolais
À 30 minutes au nord de Lyon, le vignoble du Beaujolais s'étend sur des collines couvertes de vignes. La route des vins du Beaujolais traverse les villages de pierre dorée (Oingt, Ternand, Theizé) et les crus les plus réputés : Morgon, Fleurie, Moulin-à-Vent, Brouilly. Les caveaux de dégustation sont nombreux et accueillants, et le vin se vend directement à la propriété entre 6 et 15 euros la bouteille.
Pérouges
Le village médiéval de Pérouges (30 km au nord-est de Lyon) est classé parmi les plus beaux villages de France. Ses remparts, ses rues pavées de galets et sa place de la Halle plantée d'un tilleul centenaire en font un décor de cinéma (de nombreux films y ont été tournés). Ne manquez pas la galette de Pérouges, spécialité locale à base de pâte briochée, beurre et sucre, servie tiède dans les restaurants de la place.
Conseils pratiques
Lyon City Card
La Lyon City Card (à partir de 28 euros pour 1 jour, 42 euros pour 2 jours, 52 euros pour 3 jours) inclut l'accès illimité aux transports en commun, l'entrée dans 23 musées, une croisière fluviale et des réductions chez de nombreux partenaires. C'est un investissement rentable dès deux musées visités.
Se déplacer
Lyon dispose d'un réseau de transports en commun (métro, tramway, bus, funiculaire) efficace et abordable (1,90 euro le ticket unitaire, 6,50 euros le ticket journée). La ville est aussi très agréable à parcourir à pied : du Vieux Lyon à la Presqu'île, il faut compter 15 minutes de marche. Le Vélo'v (vélo en libre-service) est pratique pour les trajets entre quartiers (abonnement courte durée 1,50 euro pour 24h, première demi-heure gratuite).
Quand venir
Lyon est agréable toute l'année. Le printemps (avril-juin) et l'automne (septembre-octobre) offrent les meilleures conditions, avec des températures douces et une affluence modérée. L'été peut être chaud (30 à 35 degrés), mais les berges du Rhône et les parcs offrent de la fraîcheur. En décembre, la Fête des Lumières (autour du 8 décembre, 4 jours) transforme la ville en un spectacle féerique de projections lumineuses sur les bâtiments : c'est un événement unique au monde, attirant 4 millions de visiteurs — réservez votre hébergement très en avance.
Budget
Lyon est plus abordable que Paris. Comptez 20 à 35 euros pour un repas complet dans un bouchon, 8 à 12 euros pour un déjeuner rapide, 80 à 150 euros la nuit d'hôtel en centre-ville. Les auberges de jeunesse et appartements en location proposent des alternatives à partir de 25 à 60 euros la nuit.
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